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 Généralités sur la maintenance extérieure de la tortue d'Hermann

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Le Sanglier
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MessageSujet: Généralités sur la maintenance extérieure de la tortue d'Hermann   Mar 30 Aoû 2016 - 13:12

Bonjour à tous,

J'ai réalisé cette publication dans le but de concentrer sur le site les généralités d'élevage à propos de la tortue d'Hermann (Testudo hermanni). Je pense que cela ne sera pas inutile, car on voit trop souvent des tortues d'Hermann mal maintenues, que cela soit en intérieur comme en extérieur. De plus la fin de l'été s'approchant, l'hibernation s'approche également. La période est donc, j'imagine, plutôt bien choisie pour parler de la maintenance générale de la tortue d'Hermann en extérieur.

Il est important de se dire, que la tortue d'Hermann est un animal fait pour vivre en extérieur. La vie en intérieur ne doit être que provisoire (et encore), à l'état juvénile ou malade. Une tortue maintenue constamment en intérieur à de grands risques de souffrir de multiples carences, d'autant plus si elle est maintenue "à même" l'habitation, sans équipement spécial, un peu comme un rongeur ou un lapin.

Tout ce qui est écrit dans cette publication peut évidemment servir à d'autres espèces apparentées : la tortue grecque (Testudo graeca), la tortue bordée (Testudo marginata), la tortue des steppes (Testudo horsfieldii) et sous réserve de pouvoir chauffer légèrement l'abri de l'animal en question, la tortue d'Egypte (Testudo kleinmanni). Les conditions de maintenance décrites par la suite peuvent également inspirer ceux désireux de maintenir en extérieur de mai à octobre, la tortue sillonnée (Centrochelys sulcata) et la tortue léopard (Stigmochelys pardalis).

1) Quelques généralités sur les espèces citées plus haut

Beaucoup de vendeurs prétendent au moment de l'achat que la tortue d'Hermann a besoin d'un abri chauffé, voire d'un terrarium intérieur dans ses jeunes années. Il s'agit d'inciter l'acheteur à acquérir dans le magasin tout un lot de matériel coûteux. Lorsqu'elle fait moins de dix centimètres, on peut effectivement la maintenir en intérieur, à température ambiante ou avec un chauffage oscillant entre 20 et 30°C, le tout accompagné d'une lampe à ultraviolets. Cependant, à condition d'avoir un enclos sécurisé au maximum (filet au-dessus de l'enclos, pas de bassin, peu de plantations, voire grillage au sol), on peut sans souci maintenir les jeunes tortues de moins de dix centimètres en extérieur. La tortue d'Hermann est un animal endémique à l'Europe : elle est donc parfaitement adaptée au climat français. On la retrouve en Espagne, en France (Provence-Alpes-Côte d'Azur, Corse, peut-être Languedoc-Roussillon, elle a peut-être disparu du Rhône-Alpes, si un jour elle y a été présente) et en Italie pour la sous-espèce occidentale. La sous-espèce orientale, la plus courante dans le commerce est répartie à-travers l'Albanie, la Grèce, la Macédoine, la Serbie, la Roumanie, la Bulgarie, peut-être le Monténégro et la partie européenne de la Turquie, des individus isolés sont parfois retrouvés à-travers la France (il s'agit d'individus abandonnés, qui vivent ensuite leur vie dans la Nature). Entre ces deux populations, il en existe une autre, controversée, puisque beaucoup considèrent que les individus la formant appartiennent à la sous-espèce orientale. Cette supposée sous-espèce centrale habite la Croatie, la Bosnie-Herzégovine et le Monténégro. Cependant, il est possible qu'il n'y ait pas de sous-espèces et que les trois populations soient les mêmes avec quelques variantes, pas suffisamment éloignées pour être considérées comme des sous-espèces.

La tortue d'Hermann se retrouve à-travers des espaces dont le climat peut être méditerranéen, montagnard, continental ou océanique. Présente en France, elle est, encore une fois, parfaitement adaptée au climat français. Elle peut mesurer jusqu'à vingt-huit centimètres de long, pour quatre kilogrammes.

La tortue grecque est répartie à-travers l'Europe, l'Asie et l'Afrique. On la rencontre dans les pays suivants : Espagne, Malte, Italie, Grèce, Bulgarie, Roumanie, Russie, Géorgie, Azerbaïdjan, Arménie, Iran, peut-être Turkménistan et Afghanistan, Irak, Syrie, Liban, Israël, Lybie, Tunisie, Algérie et Maroc. Elle a été introduite en France (Provence-Alpes-Côte d'Azur). Il est probable qu'elle s'y soit acclimatée (reproductions avérées), mais quelques doutes subsistent. Elle est légèrement plus frileuse que la tortue d'Hermann. On la rencontre en climat désertique. Elle peut cependant vivre toute l'année dehors, comme la tortue d'Hermann. Elle mesure jusqu'à vingt-cinq centimètres de long, pour quatre kilogrammes.

La tortue bordée est endémique à l'Europe, elle aussi. On la rencontre originellement en Albanie et en Grèce. Elle a été introduite en Italie. Il s'agit de la plus grande tortue terrestre européenne : jusqu'à trente-quatre centimètres de long, pour trois kilogrammes et demi. Plus sensible à l'humidité, elle peut cependant être maintenue en extérieur toute l'année, en veillant à ce qu'une zone importante de son enclos reste à l'abri de l'humidité.

La tortue des steppes est une espèce principalement asiatique, ne vivant que dans une minuscule partie de l'Europe : Afghanistan, Arménie, Azerbaïdjan, Chine, Iran, Kazakhstan, Kirghizistan, Pakistan, partie européenne de la Russie, Tadjikistan, Turkménistan et Ouzbékistan. Là où elle habite, elle connaît de grosses gelées similaires à celles que peuvent connaître les trois espèces précédentes. En revanche, les grandes giboulées et les grosses chutes de neige qui peuvent sévir en France ne sont pas courantes dans son aire de répartition. Elle craint donc l'humidité, mais absolument pas les grands froids. Il convient de lui procurer un enclos dont au moins un bon quart sera isolé de l'humidité. En respectant cela, elle peut vivre toute l'année dehors. Elle peut atteindre vingt-cinq centimètres de long, pour deux kilogrammes.

La tortue d'Egypte habite la Lybie, l'Egypte et Israël. Les gelées ont une intensité variant de marginale (en Lybie) à moyenne (en Israël) dans son aire de répartition. Les chutes de neige sont peut importantes, mais arrivent souvent d'un coup plongeant brusquement les animaux dans un hiver rigoureux. Ainsi, la tortue d'Egypte débute son hibernation plus tard que les espèces précédentes et l'achève plus tôt. Lors de son "hibernation" il lui arrive de se réveiller, sans que cela ne soit un signe inquiétant. Là où elle vit dans la Nature, une nuit enneigée à -5°C peut précéder un après-midi globalement sec à 20°C. Elle peut vivre sous nos climats toute l'année également, à condition de lui fournir un grand espace peu humide et surtout un abri légèrement chauffé aux alentours de 12°C (elle supporte beaucoup moins si la baisse est progressive ; en novembre et à la fin mars on peut d'ailleurs réduire progressivement le chauffage, pour le couper à la fin de l'hibernation et réhabituer la tortue à nos températures). Il s'agit d'une petite espèce de treize centimètres de long au maximum, pour deux cent grammes tout au plus. Paradoxalement elle est très proche de la tortue bordée, la géante des tortues terrestres méditerranéennes.

La tortue sillonnée habite une zone s'étendant du Sénégal au Soudan, le Sahel. Cette espèce géante (quatre-vingt centimètres de long, pour cent kilogrammes) peut vivre en extérieur de mai à octobre. N'hibernant pas, elle doit être maintenue dans une serre chauffée entre 16 et 20°C durant le reste de l'année. Dans son milieu naturel les gelées sont extrêmement rares et la neige n'existe pas.

La tortue léopard habite du Soudan à l'Afrique du Sud. Il s'agit d'une espèce géante (soixante-dix centimètres, pour quarante kilogrammes). On la maintiendra de la même façon que la tortue sillonnée. Dans son milieu naturel les gelées ne sont présentes, en plaine, que dans le Sud et l'Est de l'Afrique du Sud, de façon plus rare dans le centre de l'Ethiopie. La neige tombe moins de deux jours par an en moyenne, seulement dans l'extrême-Sud de l'Afrique du Sud, ne prenant au sol guère plus de trois jours, grand maximum.

Dans la partie suivante de cette publication, nous nous intéresserons évidemment tout d'abord à la tortue d'Hermann. Cependant ce type de publication est, je le répète, valable pour la tortue grecque. Sous réserve de procurer une grande zone peu humide, on peut maintenir sans souci dans les mêmes conditions la tortue bordée, la tortue des steppes et la tortue d'Egypte.

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Le lien ci-dessus est une carte que j'ai réalisée. Elle indique les différents types de climats à-travers la zone de répartition de ces cinq espèces. Elle montre également toute la France, la Belgique, le Luxembourg et la Suisse, permettant à chacun de savoir dans quel climat il se trouve et quels aménagements supplémentaires il devrait réaliser.

Légende de la carte :

Bleu gris : climat subpolaire
Violet : climat montagnard
Vert foncé : climat continental (semi-continental inclus)
Vert moyen : climat océanique (sub-océanique inclus)
Vert clair : climat méditerranéen
Jaune : climat aride
Vert autre (seulement sur la partie asiatique de la carte) : climat tropical (subtropical inclus)

Maintenues dans de bonnes conditions, ces cinq espèces sont d'une robustesse incroyable, ne craignant pas le froid ni la chaleur.

2) Aménagement de l'enclos

La tortue d'Hermann est un animal bien plus actif qu'il n'y paraît. Une simple cage placée dehors ou un petit enclos guère plus grand qu'un carré de potager suffit tout juste à deux ou trois jeunes de moins de dix centimètres. En fait, le strict minimum est un enclos de trois mètres carrés, pour un mâle ou deux femelles. Pour un mâle et deux femelles on privilégiera quatre mètres carrés au moins. Pour deux mâles et trois ou quatre femelles il faut, au grand minimum cinq mètres carrés. Dès que l'ensoleillement et la douceur climatique sont là, la tortue d'Hermann devient presque infatigable. Au bout de quelques jours après son introduction, elle aura vite fait le tour de son enclos et aura tout repéré.

La tortue d'Hermann est un animal particulièrement entêté. Une fois bien habituée à ceux qui la nourrissent, elle n'hésitera pas à constamment "réclamer" à se balader hors de son enclos. Une petite promenade de un quart d'heure sous surveillance, dans un jardin lui fera le plus grand bien.

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Le lien ci-dessus montre un mâle de chez moi, né en 2011, réclamant sa promenade quotidienne.

L'enclos doit comporter plusieurs points essentiels : un abri, un bassin, une zone libre et une zone d'ombre.

Il y a plusieurs options pour l'abri : en matériau de construction, en pierres, en bois ou en plastique.

L'abri sert à la tortue pour hiberner ou pour dormir la nuit. Il lui sert également à s'abriter lorsqu'elle a froid. Quand il pleut mais que la température est douce ou qu'elle a chaud, il est rare que la tortue aille s'y abriter. Elle préfère somnoler sous des plantes.

Un abri en matériau de construction est constitué d'un regard de visite à demi enfoncé dans le sol et dont les parois sont recouvertes à l'oblique de terre. Il s'agit d'un abri d'une grande robustesse. Un abri en pierres est constitué d'un assemblage de grosses pierres (type pierres de meulière) maintenues par du ciment. La solidité de l'abri est assurément garantie. L'abri en bois est peu recommandé. L'abri en plastique, à moins qu'il ne s'agisse d'une petite serre en tunnel ne laissant pas passer le gel est peu recommandé également.

L'abri doit avoir des parois d'au moins cinq centimètres et ne doit pas être posé au sol. Ses bases doivent être enterrées. Il s'agit d'un véritable petit chantier, surtout pour les constructions en pierres et en ciment.

L'abri doit être garni de terreau sans engrais chimique, de paille, de foin et d'herbe coupée. Avant l'hibernation, on bourre le plus possible l'abri avec de la paille et de l'herbe séchée, le tout complété par des feuilles mortes séchées et des écorces de jardinage. Le sol de l'abri doit être grillagé avec des mailles fines fixées au sol (avec des piquets de tente par-exemple), pour éviter toute intrusion souterraine. L'entrée de l'abri de la tortue doit être fermé la nuit et durant l'hibernation, par-exemple avec une plaque de plexiglas percée de trous d'aération, que l'on bloque solidement. Une couche d'au moins dix centimètres de terreau est le strict minimum.

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La photo ci-dessus montre l'abri du mâle vu précédemment. Il est bâti en pierres et en ciment.

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La plaque de protection n'est pas simplement posée devant l'entrée de l'abri. Une herse en grillage métallique cimenté dans l'abri est rabattu la nuit et durant l'hibernation sur la plaque. Au sol celle-ci est bloquée par deux piquets de tente, profondément enterrés. L'hiver, des bûches de bois et de pierres seront ajoutées au sol, devant la plaque, pour bloquer au maximum l'accès à l'abri.

Même s'il ne s'agit pas d'une tortue aquatique, la tortue d'Hermann comme toutes les tortues terrestres aime prendre se baigner ou au moins prendre l'eau. Les noyades étant fréquentes chez les juvéniles, le bassin indispensable pour les tortues d'au moins dix centimètres, est à éviter avec des individus plus petits. La tortue d'Hermann va à l'eau pour se rafraîchir ou parce que cela est bon pour son organisme (cela facilite l'éjection des selles notamment). Cependant, elle ne se baigne qu'en période chaude. En-dessous de 17°C, il est très rare de la voir à l'eau. Le bassin doit être peu profond : pas plus de douze centimètres. On ajoutera au fond du bassin un substrat non dangereux, type sable de Loire et l'on mettra par-dessus quelques pierres pour diminuer la profondeur, qui sera au final de guère plus de cinq centimètres. La tortue profite souvent de ses baignades pour boire un peu, en plongeant la tête sous l'eau. Elle ne reste cependant pas longtemps dans l'eau. La tortue d'Hermann sait nager. Mais elle nage comme les cochons et les sangliers : elle ne parvient pas à maintenir sa tête longtemps hors de l'eau, l'obligeant à de longs moments d'apnée. Si les tortues terrestres ont une bonne apnée (on estime à environ trois minutes le temps d'apnée d'une tortue d'Hermann), la laisser nager là où elle n'a pas pied se résume à de l'imprudence. Si elle ne parvient pas à rejoindre une berge rapidement et si personne n'est là pour intervenir, elle se noie. Le mâle évoqué plus haut, a notamment lors d'une de ces promenades réalisé un "saut" dans un bassin de soixante-dix centimètres de profondeur. Sans les jacinthes d'eau sur lesquelles il s'agrippait et sans l'intervention de quelqu'un, il aurait pu se noyer. Normalement une tortue ne se baignera jamais là où elle voit qu'elle n'a pas pied. Celle-ci l'a pourtant faite. Il s'agit d'un animal d'une très grande curiosité.

Les berges du bassin doivent être en pente douce. Une petite plage pourra être aménagée, en écorce de jardin ou en sable de Loire. Lors des journées chaudes, la tortue viendra s'y sécher.

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Le fond du bassin est ici recouvert de pierres pour diminuer la profondeur, comme le montre le lien ci-dessus. Des plantes semi-aquatiques supportant facilement une faible profondeur, voire un assèchement occasionnel en été peuvent être ajoutées. Ici un pied de roseau.

Il est important de laisser une gamelle d'eau ou des aliments gorgés d'eau dans l'enclos. Mais il est rare que la tortue aille y boire. Elle se contente généralement de l'eau de ses aliments et préfère boire là où elle se baigne.

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La tortue d'Hermann est, comme écrit précédemment, un animal très curieux. Sur le lien ci-dessus, toujours le même individu, s'empresse de parcourir une petite plage en sable de Loire, à peine installée.

Les tortues, en tant que reptiles, sont des animaux à sang froid. Sans lumière solaire et sans un minimum de chaleur elles ne s'activent que peu, voire pas du tout. Il est peu recommandé de réveiller sa tortue brusquement le matin. Même si c'est un animal loin d'être farouche envers ceux qui le nourrissent, une fois habitué, même si elle est à ce titre considérée comme le "reptile familier", la tortue peut avoir des moments d'angoisse importants si elle est manipulée sans précautions. Il convient donc de laisser la tortue se réveiller seule, même si parfois cela prend longtemps. Pour stimuler son réveil naturel, il est préférable d'orienter l'entrée de son abri vers le Sud-est. Dès le matin, la tortue reçoit ainsi, lorsque le temps s'y prête, la lumière solaire et les premières chaleurs matinales. Une fois sortie de sa maison (là encore, il vaut mieux la laisser sortir seule), elle ira ainsi passer quelques instants au sol, à la lumière du Soleil. S'il vaut mieux laisser la tortue sortir seule de sa maison, en revanche, si les soirées ne sont pas fraîches pour elle, elle n'y retournera pas forcément d'elle-même. Il convient donc, au risque de la déranger, l'y placer.

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Le même mâle prenant un bain de Soleil matinal, juste après être sorti de sa demeure.

Il convient d'offrir à la tortue un enclos bien planté. Elle apprécie particulièrement de se cacher sous la lavande le soir ou lorsqu'il fait trop chaud. Les plantes formant des buissons permettent de créer des zones d'ombre et de fraîcheur ou tout simplement de créer un couvert végétal rassurant pour l'animal. Dans un enclos quasiment pas planté ou la zone d'éclairage est importante (ce qui est obligatoire), la tortue risque de souffrir des températures estivales lors des périodes de canicule ou de grandes chaleurs. La tortue ne s'attaque pas aux plantes de son enclos si celles-ci ne sont pas comestibles pour elle. Lavande, thym, romarin, bruyère, fausse bruyère et succulentes, typiques des régions méditerranéennes sont d'excellents candidats pour planter un enclos destiné à une tortue. Des roseaux peuvent être ajoutés au bassin, comme vu ci-dessus. A ces plantes, on peut ajouter en les replantant des pieds de pissenlit et de plantain, que la tortue d'Hermann ira grignoter (ou qu'il faudra lui cueillir). Les roses trémières sont également une bonne idée, d'autant plus que les tortues mangent avidement leurs feuilles. On peut laisser pousser les herbes folles, sans trop les laisser monter, car la tortue n'ira pas les brouter. On peut aussi laisser se développer du liseron sur le grillage de l'enclos, en veillant à ce qu'il ne pèse pas trop lourd pour le grillage. Les feuilles sont en effet comestibles pour les tortues.

Un tas d'herbe coupée (tonte de pelouse) peut également être disposé dans l'enclos. Les tortues adorent s'y reposer ou même tout simplement fouiller dans ces tas d'herbe. Ils emmagasinent en effet beaucoup de chaleur rapidement et sèchent facilement après la pluie.

Un simple grillage ne suffit pas pour entourer l'enclos d'une tortue d'Hermann. Il faut qu'il soit enfoncé à au moins vingt centimètres dans le sol et que des bordures en bois de jardin soient placées à l'intérieur de l'enclos le long du grillage. Même avec ce dispositif, la tortue parvient à se hisser. Il s'agit d'un animal avec une force colossale par-rapport à sa taille, capable de se hisser à la seule force de ses pattes antérieures sur une bordure en bois, en en exploitant les moindres failles pour y planter ses griffes, une fois et demi plus haute qu'elle. Mais, arrivée en haut de la bordure en bois elle se retrouve coincée. Si elle est en mesure d'escalader le grillage, elle ne le fera pas, par prudence en voyant la hauteur de celui-ci. Ne pouvant redescendre, elle se retrouve coincée. Le mâle dont il est question est ainsi resté probablement un quart d'heure sur sa patte arrière gauche uniquement, posée sur la bordure en bois, agrippé avec sa patte avant gauche au grillage, les deux pattes droites restant dans le vide. Le danger, si l'on intervient pas est que la tortue s'épuise, se laisse tomber et ne puisse se retourner. Pour éviter de devoir surveiller régulièrement les tortues, on peut faire les parois de l'enclos avec des plaques en verre ou en plexiglas, qui ont cependant le défaut de retenir la chaleur dans l'enclos, en été.


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Le lien ci-dessus illustre l'un de ces fameux tas d'herbe, très appréciés des tortues terrestres.

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Le lien ci-dessus montre la capacité de terrassement de la tortue d'Hermann : à force de réclamer sa balade quotidienne, un individu à creuser une véritable tranchée dans son enclos, le long de la bordure en bois.

On peut également ajouter une petite serre en forme de tunnel dans l'enclos de la tortue. On peut ne l'installer dans l'enclos qu'avant l'hibernation pour laisser, lors de la première hibernation, le choix à la tortue, entre son abri et la serre. Ensuite, la tortue ira toujours hiberner au même endroit. Mais la serre peut aussi servir d'abri à la tortue. En effet s'il pleut mais qu'elle n'a pas froid, elle préférera sûrement rentrer dans sa serre que dans son abri pour la nuit. Pour l'hibernation, la serre doit être garnie de la même façon que l'abri (voir plus haut), sans oublier de fixer du grillage métallique à mailles fines au sol. Il faut cependant s'assurer que la serre ne prend pas le gel ou alors prend le gel à partir de températures glaciales dehors -15°C ou moins.

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Le lien ci-dessus montre l'une de ces serres, garnie de paille et de feuilles mortes.

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Le lien ci-dessus montre l'enclos type pour une tortue d'Hermann après son aménagement.

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Le lien ci-dessus montre le même enclos après quatre mois.

3) Alimentation

Je ne m'attarderai pas trop sur cette partie. Si l'expérience d'autres personnes est importante pour l'aménagement de l'enclos ou l'hibernation, l'alimentation est quelque chose de plus strict : aliments bons pour la tortue et aliments mauvais pour la tortue.

On peut habituer la tortue à manger à heures fixes. Elle préfère de petits repas qu'un gros festin. On peut lui donner deux repas par jour (un une heure après le lever environ et l'autre en fin d'après-midi, entre 16 et 17h00). En-dehors de ces repas, on veillera à toujours laisser quelques "petits morceaux" dans l'enclos, au cas où la tortue aurait faim. C'est un animal qui sait parfaitement se raisonner dans ses repas.

Voici ce qu'on peut lui donner :

Tous les jours, ou au moins quatre jours par semaine : endive, pissenlit, liseron, feuilles de rose trémière, mâche, plantain, feuilles de radis, feuilles d'orties, foin...
Entre deux et quatre jours par semaine : pastèque, melon, tomate, pêche, prunes, framboises, mûres, fraise, fraises des bois, banane, concombre, orange, clémentine, mandarine...
JAMAIS : pain, lait, viande, croquettes pour chiens et chats, graines pour rongeurs et oiseaux, laitue, chou-fleur, épinard, pâtes, riz, blé, maïs...

Une fois par mois on peut lui ajouter un os de poulet cuit et nettoyé ou un os de seiche pour qu'elle se fasse le bec.

On remarque rapidement que chaque individu à des goûts et peut devenir difficile, ignorant certains aliments (même s'il en mangeait un peu avant). Cela se voit en été, lorsque l'on a tendance à donner un peu plus de fruits aux tortues qu'à l'habitude. Il arrive que pendant quelques repas, elle refuse les feuilles. Au bout d'un ou deux repas sautés, la tortue reprendra son goût pour les feuilles.

4) Hibernation et températures

L'hibernation en effraie plus d'un lorsqu'il s'agit de la maintenance de tortues d'Hermann. Ce n'est pas une épreuve sans risque. Mais elle est nécessaire, il ne faut pas passer au-travers ou, au bout de plusieurs années, la tortue verrait son organisme se fatiguer et sa santé décliner inexorablement.

Ne pas faire hiberner une tortue qui vit dehors en la réveillant ou en la sortant de force c'est la conduire droit à la mort. Ce n'est pas le froid soudain qui va la tuer. L'angoisse va la fragiliser brusquement. Dérangée, elle va chercher une autre cachette. Sentant le froid, son instinct de survie va lui dicter de se hâter à se cacher. La tortue affaiblie va chercher à faire au plus vite : elle va se mettre à fouiller la neige, à creuser une petite dépression peu profonde à s'y installer, en attendant que la neige la recouvre. Au bout de quelques jours, elle sera tuée par le froid.

Il est déconseillé de faire hiberner sa tortue dans un réfrigérateur ou dans un garage.

Fin août, la tortue entame petit à petit son processus de pré-hibernation. Elle constate que le Soleil se lève plus tard et qu'il se couche plus tôt. Elle constate que les matinées se font davantage fraîches. On peut alors la voir fouiller un peu partout dans les tas de feuilles, d'herbe, dans son abri, etc... Elle cherche plusieurs endroits susceptibles de l'abriter. Elle a aussi parfois gros appétit jusqu'à fin septembre. Fin septembre, arrivent des pluies importantes et parfois les premières petites gelées blanches. La tortue ralentit, de semaine en semaine, puis de jour en jour, son métabolisme. Elle somnole au Soleil, elle mange de moins en moins, elle ne va plus se baigner, elle dort davantage... Fin octobre (en général durant l'avant dernière semaine d'octobre), la tortue ne s'alimente presque plus, voire plus du tout et elle regagne naturellement son abri ou une zone abritée, de plus en plus tôt le soir.

C'est le signal de l'hibernation. Il ne faut pas chercher à gaver la tortue avant son hibernation. Au contraire, il faut réduire la dose alimentaire, en ne lui laissant que le minimum en cas de petite faim passagère. Deux ou trois jours après cette baisse d'activité, il faut baigner la tortue. On lui fait alors prendre un bain d'eau tiède, dont la température est comprise entre 20 et 25°C, pendant une demi-heure. Cela va l'aider à expulser ses dernières selles, afin d'éviter une infection ou l'arrivée de parasites durant l'hibernation. On replace ensuite délicatement la tortue à l'endroit où on l'a prise.

Aux alentours de la Toussaint, en général, la tortue d'Hermann rentre en hibernation. La tortue bordée qui vit sous un climat un peu plus clément rentre en hibernation mi-novembre en général, la tortue d'Egypte début décembre, la tortue des steppes dès fin octobre comme la tortue d'Hermann et enfin cela est plus variable pour la tortue grecque : entre fin octobre et début décembre.

Les jeunes tortues commencent en général leur hibernation plus tard, fin novembre ou début décembre et la terminent plus tôt, début ou mi-mars. Au contraire une vieille tortue pourra hiberner de début octobre à mi-avril.

Plus généralement, la tortue d'Hermann hiberne entre les premières gelées moyennes et la fonte des dernières neiges. Elle peut sans problème supporter les petites chutes de neige précoces et les petites chutes de neige tardives, idem avec le gel. Ainsi, le mâle dont il est question, est arrivé dans son enclos un 28 avril : il avait neigé, gelé et grêlé les deux jours précédents, il avait gelé et grêlé le matin même, et encore gelé les quatre jours suivants. Ensuite, il a sans aucun souci passé les Saints-de-glace dehors, malgré des températures fraîches, voire froides.

Lorsque la tortue a débuté son hibernation, on ferme l'abri comme pour la nuit et on vient surveiller chaque jour.

Si la tortue est sortie, tête et pattes hors de la carapace, il peut y avoir deux raisons : la tortue est malade et son organisme la pousse à se réveiller car elle ne résistera pas à l'hibernation ou alors il fait finalement trop doux pour qu'elle hiberne.

Dans le premier cas, on récupère la tortue, on l'isole à l'intérieur à température ambiante et on l'emmène chez le vétérinaire. Inutile ensuite de vouloir la faire ré-hiberner, même si elle est guérie. Dans le deuxième cas, si la tortue semble en pleine forme, on lui ouvre et on la laisse une journée de plus dehors. Si le lendemain elle est dans le même état, on la nourrit de nouveau très légèrement et on patiente environ une ou deux semaines, que les températures descendent.

Il est nécessaire d'installer un thermomètre contre la paroi en plexiglas de l'abri et un autre en-dehors de l'abri, sous un arbre ou dans une haie de préférence. Le premier permettra de voir si la température ne descend pas de trop à l'entrée de la maison de la tortue (on peut facilement ajouter un ou deux degrés à cette température, car la tortue, elle, est enterrée, recouverte par de la paille, au milieu de son abri). Un hygromètre s'avère également indispensable. Il faut en effet vaporiser une fois par semaine l'intérieur de l'abri (sans pour autant l'inonder), afin que la tortue ne soit pas en état de dessèchement. L'hygrométrie doit être comprise entre 40 et 60%, hygrométrie classique dans les habitations.

Il est important de peser la tortue chaque mois. Au sortir de l'hibernation on peut ainsi se rendre compte si la tortue a perdu beaucoup de poids ou non (il est normal qu'elle en perde un peu).

Voilà différentes gammes de température extérieures (donc non prises dans son abri) et la façon dont la tortue s'occupe durant celles-ci :

Moins de -15°C : il peut geler superficiellement dans l'abri de la tortue ; néanmoins celle-ci est à l'abri, il faut cependant veiller à ce que dans celui-ci, il ne fasse pas moins de -8°C (température à laquelle une tortue non active peut tomber en "hypothermie")
De -15 à 0°C : la tortue est au plus profond de son sommeil ; il ne faut pas hésiter à rajouter de la paille en-dessous de -10°C ; dans son abri, il ne gèle pas
De 0 à 5°C : la tortue peut légèrement s'agiter ; son sommeil est plus léger, mais elle n'a pas fini son hibernation
De 5 à 10°C : avant l'hiver la tortue débute son hibernation à cette température ; à la fin de l'hiver, elle commence à s'agiter ; son sommeil devient léger ; elle peut se réveiller quelques instants pour regarder autour d'elle ; il ne faut pas la forcer à se "lever"
De 10 à 15°C : après l'hiver, la tortue sort d'hibernation à cette température ; elle a cependant encore froid et cherche un abri ; elle ne sort qu'épisodiquement pour se nourrir ; elle dort beaucoup
De 15 à 20°C : la tortue s'active davantage ; elle mange plus et recommence à se déplacer normalement ; mais elle continue de bien s'abriter, car elle peut avoir légèrement froid ; il lui arrive de somnoler légèrement
De 20 à 30°C : la tortue est au mieux ; elle s'active comme à aucun autre moment ; elle mange beaucoup et se déplace sans cesse ; elle se baigne régulièrement et se reproduit si elle en a l'occasion
De 30 à 35°C : la tortue se déplace beaucoup et mange beaucoup également ; elle peut commencer à avoir chaud et somnole de temps en temps ; elle apprécie les baignades
De 35 à 40°C : la tortue à chaud ; elle évite de trop sortir ; elle a besoin de boire et il ne faut pas hésiter à l'asperger avec un vaporisateur ainsi que sa nourriture (feuilles d'endive bien fraîches de préférence) ; il ne faut pas la forcer à s'exposer au Soleil ; elle cherche un abri
Plus de 40°C : la tortue sent qu'elle est en danger, comme lorsqu'il fait trop froid ; elle peut se mettre à estiver pendant quelques jours ; il ne faut pas hésiter à la vaporiser ; elle ne mange plus mais boit beaucoup.

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Le lien ci-dessus montre l'entrée de l'abri de la tortue, bourré de paille, de foin, d'écorce, de feuilles mortes, d'herbe coupée et de terreau.

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Le lien ci-dessus montre le comportement d'une tortue d'Hermann, en avril par 12°C (avec gelées et grêle le matin) : frileuse, elle passe encore beaucoup de temps dans son abri, tout en effectuant des sorties pour se nourrir.

5) Cohabitation et reproduction

La tortue d'Hermann est un animal solitaire non agressif. Cependant les mâles, s'il n'y a pas de femelles (ou trop peu), peuvent en venir à s'affront assez violemment en se mordant et en tentant de se retourner. Heureusement, ces combats occasionnent rarement des blessures. Plusieurs tortues d'Hermann peuvent vivre ensemble, mais hors reproduction, elles s'ignoreront ou n'auront que de brefs contacts, pour se reconnaître les unes les autres. Dans un enclos de cinq mètres carrés, on peut maintenir deux mâles et trois ou quatre femelles. On compte généralement deux femelles par mâle, celui-ci pouvant se montrer très entreprenant. Après la reproduction la femelle pond ses œufs dans un substrat meuble et ceux-ci éclosent à l'automne en général. Les femelles peuvent parfois souffrir de rétention d'œufs. Il est préférable de maintenir des femelles avec au moins un mâle pour pallier à ce problème (les accouplements fertilisent la femelle qui sera donc porteuse d'œufs fécondés, qu'elle n'aura aucun mal à éjecter). Les mâles se reconnaissent principalement à la pointe cornée au bout de leur queue. Ils ne déploient celle-ci que pour uriner, déféquer ou s'accoupler.

Il faut éviter de maintenir des tortues d'Hermann adultes avec d'autres espèces très proches : tortue d'Egypte, tortue bordée, tortue des steppes ou tortue grecque. En effet, ces espèces sont en mesure de s'hybrider. Ces mélanges malheureux donnent de plus naissance à des hybrides fertiles capables de s'accoupler entre eux ou avec une espèce proche. On pourra cependant maintenir des femelles de ces différentes espèces ensemble, à condition de surveiller si aucune ponte fertile (enterrée) ne survient. En effet, une femelle de tortue d'Hermann peut conserver la semence mâle d'un partenaire pendant plusieurs années. Un jeune mâle qui naîtrait et grandirait de façon insoupçonné dans un tel enclos pourrait ensuite s'accoupler avec n'importe quelle femelle (il privilégiera sa propre espèce, mais ses choix lui étant dictés par la nécessité naturelle de se reproduire, il fera avec "ce qu'il trouvera"). Notons cependant, que dans un enclos de tortues dont on s'occupe correctement, on ne devrait pas être surpris du jour au lendemain en voyant une tortue mâle, déjà présente depuis quelques années... Mais avertir ne coûte rien.

Les tortues d'Hermann juvéniles peuvent être maintenues avec leurs proches parentes juvéniles ou avec des jeunes immatures de tortue sillonnée ou de tortue léopard.

Vient ensuite la question de la maintenance interspécifique avec des espèces qui ne sont pas des tortues terrestres de climat tempéré/aride... Beaucoup disent non, et je dis non, sauf...

Sauf si, la personne s'occupant des animaux est en mesure de surveiller assez régulièrement (au moins deux fois par jour, matin et soir) la bonne tenue des pensionnaires. Sauf si, la personne a déjà une certaine expérience avec les espèces qu'elle désire maintenir ensemble ou qu'elle a de solides connaissances générales sur ses espèces. Sauf si, chaque espèce maintenue peut se soustraire à l'autre facilement. Et enfin, sauf si ces espèces sont jugées comme étant compatibles sans problème. C'est de cela dont il faut être sûr.

Dans un terrarium, on évite ce genre de mélange. Le risque de transmission de maladies est très grand : l'espace est généralement confiné très humide ou très sec, il s'agit d'un espace artificiel sans obstacle naturel réel, il n'y a pas de barrière saisonnière marquée, etc... Dans un enclos extérieur la chose est différente : tout est à température externe, le rythme saisonnier est très important, l'espace naturel est bien plus grand... Bref, les risques sont nettement moindres dans ce sens-là. Ce n'est pas l'éventuelle transmission de maladies qui peut poser problème, c'est de savoir si la cohabitation peut se faire sans souci.

Il convient d'essayer avec des spécimens jeunes, que l'on a déjà observés seuls et qui n'ont à ce moment-là, pas montrer de signes d'agressivité. Il est nécessaire de ne pas mettre les animaux en face à face pendant toute une journée ou même plus. On installe déjà les ou la tortue(s) d'Hermann et ensuite on laisse l'espèce choisie pour cohabiter avec, dans l'enclos également pendant une demi-heure, le soir. Puis pendant une heure, deux heures, trois heures, une demi-journée et enfin toute la journée. Chaque animal doit avoir son abri.

Dans un enclos dont la surface est inférieure à cinq mètres carrés, il vaut mieux ne pas envisager de cohabitation de ce type.

Il ne faut pas forcer les protagonistes à se voir constamment, à les mettre tout le temps ensemble : ils pourraient le prendre pour un désir de l'autre d'obtenir une confrontation. On place les animaux l'un en face de l'autre la première fois, l'espace de quelques minutes et on laisse le premier arrivé dans l'enclos repartir à ses activités. On installe le nouveau dans un endroit de l'enclos, là où il serait souhaitable qu'il s'y établisse. Il est possible qu'il décide d'y habiter, s'il s'agit d'un animal se déplaçant peu.

Quelques espèces sont bonnes candidates pour cohabiter avec des tortues d'Hermann.

Chez les mammifères on respectera quelques consignes : toujours introduire un spécimen dont on connaît le comportement et qui est familier de la personne s'en occupant ; ne laisser le mammifère que durant la période d'activité de la tortue, pour que l'abri de celle-ci soit libre et non perturbé par une présence gênante ; rentrer le mammifère la nuit pour qu'il n'aille pas faire son nid dans l'abri de la tortue (dans mes installations, une lapine avait ainsi préparé son nid dans l'abri de la tortue, ceci n'avait pas le moins du monde importuné cette dernière, mais chaque tortue est différente et certaines auraient très bien pu se sentir chassées et ne plus vouloir regagner leur abri pendant quelques jours) ; toujours introduire un mammifère au comportement le plus inoffensif possible (on évitera absolument les souris, rats, hamsters et écureuils, en revanche les cochons d'Inde, craintifs, herbivores et non agressifs sont de bons candidats, à surveiller tout de même ; un lapin dont on connaît le comportement et auquel on apprendra à ne pas fouiller partout peut être une bonne idée ; dans mes installations la tortue qui était voisine de la lapine précédemment citée ne la craignait absolument pas, chacun vivant sa vie de son côté).

Le cas des chiens et des chats est très différent. En effet, toute personne sensée ne va pas enfermer un chien ou un chat dans un enclos de cinq mètres carrés en le forçant à cohabiter avec une tortue. Cependant, si les chiens ne peuvent pas normalement pénétrer dans l'enclos, les chats le peuvent si celui-ci n'est pas couvert. Un chat de la maison dont on aura observé les premières réactions vis-à-vis de la tortue et qui n'aura manifesté aucun signe d'agressivité (à surveiller pendant deux mois), ne constituera pas un danger. Un filet n'est normalement pas nécessaire, car son odeur va éloigner les autres chats. Si, en revanche, on voit que le chat manifeste un comportement prédateur ou un comportement de sollicitation de jeu trop entreprenant, il faut couvrir l'enclos, sinon la tortue sera dans un état perpétuel d'angoisse.

Aucun oiseau n'est bon candidat pour cohabiter avec des tortues : on évitera à tout prix les poules et autres volailles, même petites comme les cailles et les perdrix. Les petits canards, du type mandarin ou carolin, certes peu agressifs ne serait pas à l'aise avec pour seule mare un minuscule bassin d'à peine huit centimètres de fond.

En reptiles on pourra retenir les juvéniles et uniquement les juvéniles d'une tortue aquatique : la chynémide de Reeves. Il faudra leur laisser un tas de boue sur une berge d'une épaisseur, au point le plus haut, de trente centimètres, pour l'hibernation, de préférence une boue vaseuse mi-liquide, qui ne s'effrite pas mais glisse et coule.

Si l'enclos est bien sécurisé une salamandre taupe peut occuper les berges du bassin. Les deux espèces s'ignoreront. Un tas de boue comme décrit précédemment est nécessaire pour l'hibernation de ce petit urodèle.

Si le bassin ne s'assèche pas et si la profondeur effective est comprise entre huit et douze centimètres, on peut mettre quelques gambusies de l'Est, de petits poissons introduits en France. En revanche, il conviendra de les rentrer ou de les installer dans plus grand à la fin octobre pour éviter que le gel ne les tue (il prend évidemment complètement sur une toute petite profondeur comme celle-ci). Il faut cependant que le bassin atteigne au moins douze litres pour accueillir un mâle et deux femelles.

Enfin, en été et seulement en été si le temps le permet, des achatines matures (au moins un an et huit centimètres) pourront partager l'enclos de la tortue d'Hermann. Ce sont à vrai dire, les meilleurs candidats pour une cohabitation. La tortue va être intriguée dans un premier temps, et les deux espèces s'ignoreront en permanence. De plus les achatines mangeront tous les restes de fruits et de légumes de la tortue. Il ne faudra pas hésiter à les vaporiser de temps en temps. L'achatine reste en activité totale au-dessus de 18°C. Entre 14 et 18°C, elle ralentit grandement son activité et reste en sommeil, en attendant que les températures douces la réveille. Entre 9 et 14°C, elle rentre dans une semi-léthargie pouvant durer quelques jours. De 2 à 9°C, l'achatine rentre en hibernation forcée. Cependant, elle n'est pas programmée pour résister longtemps au froid. Au bout de deux semaines d'hibernation, l'achatine risque la mort. En-dessous de 2°C, l'achatine peut mourir de froid en moins d'une journée. Au-dessus de 35°C, l'achatine peut estiver, si le temps est sec. Elle s'enfouit là où le sol est meuble et peut rester ainsi longtemps, jusqu'à plus d'un mois. Il est bien plus prudent de ne pas exposer ses achatines à une température inférieure à 14°C, pendant plus d'une nuit d'affilée. La journée, il n'est pas prudent de les laisser exposées à des températures inférieures à 17°C.

Ce sont assurément les achatines qui sont les meilleures candidates pour une cohabitation. Une achatine d'au moins dix centimètres ne cherchera pas à escalader une bordure en bois ou un grillage. En revanche elle escaladera assurément une paroi en plexiglas, en verre, en béton ou en ciment. Il est préférable de s'assurer que les achatines ne sont pas porteuses de parasites.

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Le lien ci-dessus montre une tortue d'Hermann en compagnie de deux achatines se régalant de feuilles d'endives copieusement arrosées au vaporisateur, en pleine canicule, par 38°C à l'ombre. On voit nettement que la tortue s'alimente peu par cette chaleur, contrairement aux achatines qui s'épanouissent parfaitement (attention à toujours conserver une petite zone humide pour les escargots).

Enfin, naturellement l'abri de la tortue va attirer de petits animaux : le mâle dont il est principalement question ici partage ainsi son abri avec des fourmis noires des jardins qui y ont établi leur fourmilière et qui y passeront l'hiver et avec des petits-gris, qui passeront très probablement l'hiver également dans ce même abri. Ces animaux ne sont aucunement dangereux pour la tortue.

En espérant avoir réalisé tâche convenable,

Le Sanglier
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Généralités sur la maintenance extérieure de la tortue d'Hermann
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